Transformation de l'audiovisuel : Un levier pour l'insertion des jeunes en décrochage

En France, près de 2 millions de jeunes de 16 à 25 ans sont sans emploi, sans diplôme et en dehors de tout dispositif de formation ; Ils sont rejoints chaque année par plus de 140 000 jeunes qui sortent du système scolaire sans diplôme ; Et la numérisation croissante de la société accélère ce phénomène.

Plus de ⅓ des jeunes de 18 à 25 ans en situation de décrochage scolaire, vivent en zone rurale, en dessous du seuil de pauvreté.

Contrairement à une idée reçue, tous les jeunes ne sont pas des “digital natives”. On suppose qu'ils savent et eux croient savoir, ils utilisent Internet et les outils du numérique pour des activités ludiques de leur vie quotidienne, mais ces compétences ne se transfèrent malheureusement pas dans la sphère professionnelle.

Aujourd’hui, 95 % d’entre-eux ont accès d'une façon ou d'une autre à l’Internet. La vraie question est donc leur "niveau d'agilité numérique" : Le jeune sait manier le smartphone, la souris et le clavier, mais il est vite mal à l'aise avec le traitement de texte et la maîtrise du français, il peine à formuler des requêtes et utiliser son e-mail efficacement, pour trouver un emploi par exemple.

Lorsqu’on les interroge, près de 60% des jeunes de 18 à 25 ans déclarent vouloir se mettre à leur compte pour créer leur propre emploi, principalement dans les domaines du numérique, de la musique, de l’audiovisuel. Confortés dans leur idée,  par la réussite soudaine de rappeurs ou youtubeurs issus de leur génération, ils n’hésitent plus à quitter le système scolaire, parfois même à quelques semaines seulement du Baccalauréat.

En 2020, près de 80% de la bande passante Internet sera consommée par la vidéo. Tout le monde a désormais besoin de la production audiovisuelle pour communiquer, former et se former, ou exister sur l’Internet et les réseaux sociaux.

Pourtant le marché de la production audiovisuelle est encore concentré sur l’Île-de-France (75% des entreprises, 87% des emplois, 93% du Chiffre d’Affaires) et les principales métropoles.

Sur les territoires ruraux, les différents acteurs de l’économie locale peinent à trouver des compétences capables de répondre à leurs besoins à des tarifs compétitifs et dans des délais convenables.

Les chaînes de télévision, qui ont tendance à se régionaliser pour se rapprocher du Citoyen, sont dans l’obligation de produire des contenus locaux originaux mais ont de grandes difficultés à couvrir les zones rurales.

Le manque de compétences locales impacte très fortement le coût de fabrication des vidéos aux formats désormais plus courts et, par là même, leur empreinte écologique.

Si le numérique transforme profondément l’offre médiatique et les usages de la vie quotidienne, une autre transformation majeure est à l’œuvre au sein des entreprises de médias et sociétés de production audiovisuelle : celle des métiers et des compétences managériales.

Pour Arnaud LESAUNIER (Directeur Général délégué aux ressources humaines et à l’organisation de France Télévisions), le premier défi des entreprises de médias aujourd’hui est de diversifier les profils des salariés et de séduire les “Digital Natives”, très courtisés par des multinationales attractives comme Google, Facebook ou encore YouTube.

Pour Julie JOLY (Directrice du Centre de Formation des Journalistes et de l'école W), les journalistes restent des acteurs clés de l’audiovisuel à condition de savoir évoluer. Il faut mixer l’entreprenariat, la technicité et la culture générale.

Pour Nicolas COPPERMANN (Président d’Endemol France), il s’agit de faire de plus en plus avec de moins en moins, pour une exigence de qualité qui reste inchangée.

La production audiovisuelle et la production de contenus multimédias ont le vent en poupe et, de nombreux métiers aux compétences spécifiques émergent : Journaliste mobile, infographiste, motion-designer,  ui/ux-designer, sound-designer, rédacteur web, content manager, traffic manager, social media manager, intégrateur Web, développeur d’applications mobiles…

Les entreprises, quelques soient leur taille et leur secteur d’activité, n’ont pas la capacité d’accueillir en interne l’ensemble des compétences nécessaires à leur développement dans la nouvelle économie et, la majorité d’entre-elles font désormais le choix de faire appel à des Freelances (le plus souvent sous statut de micro-entrepreneur) plutôt qu’à des salariés, se libérant au passage de leurs obligations sociales.

Dans le contexte économique actuel, il convient donc à l’individu qui souhaite accéder à l’emploi d’acquérir (outre les compétences techniques propres à la réalisation de son activité) les compétences entrepreneuriales nécessaires à la réussite de son projet professionnel.

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